Les coopératives funéraires : un mouvement solidaire

Tout le Québec a été secoué en juillet 2013 par la tragédie qui a plongé Lac-Mégantic dans le deuil et l’inquiétude. À travers cette grande désolation, nous pouvons être fiers de la solidarité de notre réseau et de notre mouvement.


Lorsque le Centre funéraire coopératif du Granit a pris la décision d’offrir les funérailles sans frais pour les victimes, la Fédération l’a assurée de son appui et a lancé un appel à toutes les coopératives et mutuelles.


La réponse n’a pas tardé à affluer, et la générosité de tous a permis de remettre 60 000 $ au Centre funéraire du Granit pour assumer les coûts des funérailles ainsi que 10 000 $ à la Coopérative d’aliments naturels La Boîte verte qui avait tout perdu dans l’incendie.


Covid 19 : Une solution collective à un problème collectif


Dès le début de la pandémie, nous avons mis l’accent sur l’intercoopération entre les coopératives funéraires de la Fédération. Partage d’information, développement accéléré d’outils informatiques, support au deuil, support financier, mise en place d’un programme de formation particulier, une foule de mesures ont été mises en place pour nous assurer que toutes les coopératives du réseau avaient les outils et les moyens pour supporter les employés et les membres dans cette période difficile.


« Pensez collectivement », nous savons le faire depuis longtemps. À ce chapitre les coopératives ont une longueur d’avance. Mettre l’intérêt du groupe de l’avant pour assurer une pérennité de nos organisations plutôt que de tirer un profit personnel sur le court terme, nous le pratiquons depuis des décennies.


La protection de notre patrimoine


Au milieu des années 90, des dizaines d’entreprises funéraires québécoises ont fait l’objet d’une acquisition par une entreprise américaine.


L’arrivée de ces entreprises cotées en bourse a grandement bouleversé le marché. Les entreprises québécoises, jusqu’alors propriétés familiales depuis plusieurs générations, ont été confrontées subitement à de puissantes entreprises publiques, possédant des ressources financières hors de portée pour l’entrepreneur indépendant québécois.

De plus, comme dans la plupart des entreprises familiales, les propriétaires de résidences funéraires vivent des problèmes importants de relève, la génération montante ne pouvant pas assumer les dettes nécessaires, créées par l’acquisition de l’entreprise familiale.


En 1996, le réseau des coopératives funéraires réagissait fortement à la venue massive de ces multinationales américaines qui contrôlaient alors 45 % du marché.

Un fonds de développement a donc été créé en collaboration avec le mouvement Desjardins et Investissement Québec afin de permettre aux coopératives d’acquérir les entreprises québécoises à vendre et d’en préserver la propriété locale. Depuis 1997, 35 entreprises auront donc été acquises grâce à ce fonds.


Ce fonds était la réponse que le Québec offrait aux géants de l’industrie qui voulaient américaniser le marché funéraire québécois. Si les entreprises funéraires privées du Québec étaient à vendre, le mouvement coopératif était preneur pour conserver notre patrimoine collectif et perpétuer nos mœurs québécoises en la matière.

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